Par Carine & Laurent - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Contrairement à une idée assez répandue, les geishas ne sont pas des prostituées, mais des artistes (c’est le sens
littéral de geisha) dont le métier est avant tout de divertir les hôtes d’une soirée selon des codes esthétiques très
formalisés.
En principe, l’octroi de faveurs sexuelles ne fait pas partie de la « prestation ». Bien entendu, la réalité a pu être, selon les époques, très différente, sous les poids des pressions sociales et culturelles – comme ce qui est montré dans le film éponyme, par exemple.
De nos jours, le métier de geisha existe encore, mais leur nombre a considérablement diminué (de 17 000 dans les années 80 à moins de 1 000 aujourd’hui) et les vocations pour devenir maiko, apprentie geisha, se font rares. On y entre par choix, ce qui n’a pas toujours été le cas, et plus tard qu’autrefois.
Comment devient-on maiko ?
Il faut, évidemment, être motivée et persévérante : la période d’apprentissage dure 4 à 5 ans et requiert un travail acharne pour acquérir les bonnes manières et la pratique artistique de la parfaite geisha. Il n’est pas nécessaire d’avoir un talent artistique particulier, mais une bonne oreille musicale est requise. Outre ces conditions « mentales », n’entre pas en apprentissage qui veut : il faut avoir entre 15 et 17 ans, mesurer moins de 1m60 et peser plus de 43 kg. Il faut aussi, puisque l’on est mineure, l’accord des parents. Par contre, pas de conditions d’ordre financier : tous les frais de l’apprentissage seront pris en charge par l’okiya.
C’est naturellement à Kyoto que la tradition des geishas perdure le plus fortement. Qu’elles soient attachées à une okiya (置屋maison de geisha) ou indépendantes, geishas et maikos vivent et travaillent dans les quartiers réservés, Hanamachi (ou kagai 花街 littéralement ville fleur). C’est là que l’on trouve les okiya, les ochaya (お茶屋 maisons de thé) ainsi que tous les commerces liés aux activités et besoins des geishas.
Il reste cinq Hanamachi à Kyoto : Gion Kobu, Miyagawacho, Gion Higashi, Kamishichiken et Pontocho. Chacun de ces quartiers a ses spécificités et son blason.
Depuis 1994, ces cinq Hanamachi (Gokagai) organisent une représentation commune de danses traditionnelles par les geishas et maikos, dans le but de perpétuer les traditions liées au métier de geisha.
C’est à la 16e édition de cet événement que nous avons assisté le 20 juin.
Chaque Hanamachi présente d’abord une danse traditionnelle, puis vient le clou du spectacle : une danse réalisée par les cinq Hanamachi en même temps.
L’assistance était essentiellement composée de Japonais, un bon nombre d’entre eux portant le traditionnel kimono. Il y avait aussi dans le public beaucoup de geishas ou maikos, reconnaissables à leur visage blanc, sans doute venues assister à la performance de leurs « collègues ». C’était donc une belle floraison de kimonos chamarrés et de coiffures sophistiquées. Le maquillage blanc, qui est en fait celui des maikos, n’est arboré par les geishas accomplies que lors d’occasions formelles ou pour les danses traditionnelles.
Pour nous, ce fut l’occasion d’approcher d’un peu plus près le mythe japonais par excellence, et tenter de percer un peu plus le mystère de l’esthétique nippone.
A lire
Ce
très bon article sur Wikipedia ainsi que
cet article
sur les cinq hanamachi de Kyoto
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